Éclats d’Orphée

Orphée07.11.2013 #ENSEIGNANTS #ÉTUDIANTS #MUSIQUE #STRASBOURG

L’ensemble de Martin Gester, Le Parlement de Musique est le chef d’orchestre de Génération Baroque, une aventure musicale dans laquelle est engagée la HEAR – Académie supérieure de musique de Strasbourg. Dans ce cadre, des étudiants de la HEAR et d’autres jeunes artistes européens se sont emparés d’Orpheus, opéra de Telemann, afin de le présenter dans des conditions scéniques professionnelles. Découverte d’un atelier permettant de se lancer dans le métier. 

Nous sommes à la Cité de la musique et de la danse de Strasbourg, durant les répétitions, à quelques jours à peine de la première d’Orphée ou la merveilleuse constance de l’amour. Eurydice a été remplacée au pied levé par une autre interprète, mais l’incident n’inquiète pas outre mesure Martin Gester, « expérimentateur et pédagogue dans l’âme », créateur en 1990 du Parlement de Musique, enseignant à l’Académie supérieure de musique et initiateur de Génération Baroque. Il donne ses dernières recommandations à la chanteuse. Celle-ci « sera prête », il en est certain, pour le grand soir à Offenburg (Allemagne), puis pour les autres représentations à Strasbourg, Mulhouse et Spa (Belgique)*. A ce titre, l’initiative a reçu le soutien de la région Alsace, dans le cadre du disposition En Alsace mis en place avec la HEAR.

L’opéra en trois actes de Georg Philipp Telemann (1681-1767) a été « comprimé » en deux parties par le directeur et l’équipe encadrante. « Les œuvres baroques sont extensibles et réductibles à l’envi, elles peuvent s’adapter aux lieux où elles sont données : à Versailles ou dans un salon », précise Martin Gester. Cette version allégée d’Orpheus comprend un orchestre d’une quinzaine de personnes, cinq chanteurs (Orphée, Orasie…) et quelques choristes : un ensemble international, parmi lesquels deux étudiants de la HEAR, recruté durant des auditions à Bâle, Francfort, Paris et Strasbourg. Environ 130 artistes lyriques et instrumentistes ont participé à ces castings réservés aux étudiants en fin de cursus et jeunes gens qui entament une carrière. Un bon candidat se repère notamment « à la manière dont il habite son corps. Le charisme est important car la musique n’est pas uniquement ce qu’on entend », insiste Martin Gester.

En quelques jours, les artistes « d’un très bon niveau », en capacité d’intégrer rapidement les directives des coaches et du metteur en scène, vont produire un spectacle ambitieux qui sublimera l’œuvre de Telemann, « pétillante comme du champagne », avec des textes en trois langues (français, allemand et italien), une grande variété d’ambiances et « de registres d’expressions ».

Ainsi, le projet Génération Baroque permet de détecter les talents de demain. Il leur offre une belle opportunité de se produire sur scène et, peut-être, leur premier grand rôle. Selon Marie-Hélène Fournier, conseillères aux études supérieures musicales à la HEAR, il s’agit d’une enrichissante « immersion dans un métier », encadrée par des personnes compétentes. « Nous désirons offrir un maximum de mises en situation professionnelle de ce type à nos élèves. Le planning est relativement court », concède la conseillère aux études supérieures de musique, mais il permet de ne pas perturber l’année d’étude des personnes concernées. Dans le futur, la HEAR devrait s’impliquer plus largement dans ce projet « de rayonnement international », notamment en intervenant dans la scénographie des opéras, « pluridisciplinaires par essence ».

Texte : Emmanuel Dosda – Photos : Florian Machot

* Orphée, ou la merveilleuse constance de l’amour. Dimanche 3 novembre à Offenburg (D) – Reithalle ; lundi 4 novembre à Strasbourg – Cité de la musique et de la danse ; mardi 5 novembre à Mulhouse – Temple Saint-Étienne ; samedi 9 novembre à Spa (Be) – Théâtre Jacques Huisman.

www.leparlementdemusique.com
www.hear.fr/academie