Parution des actes du colloque « De traits et d’esprit »

12.04.2013 #ÉDITIONS #ENSEIGNANTS #ILLUSTRATION #RECHERCHE #STRASBOURG

Le colloque De traits et d’esprit, organisé par Guillaume Dégé et Olivier Deloignon, a eu lieu en janvier 2011 à la Haute école des arts du Rhin à Strasbourg (anciennement École supérieure des Arts décoratifs). Il s’agissait d’aborder l’illustration de manière interdisciplinaire, en prenant en compte les diverses étapes de son évolution, mais aussi les défis conceptuels auxquels elle a été confrontée depuis ses origines imprimées jusqu’à notre contemporanéité. Le colloque a permis d’ouvrir de nouvelles perspectives de recherche tant du point de vue de la théorie que de celui des pratiques. Car la spécificité de l’atelier Illustration de la Haute école des arts du Rhin implique, en effet, de former des illustrateurs qui sachent à la fois innover dans leur domaine et penser le médium qu’ils exercent. Pour ce faire, un laboratoire d’études hébergé au sein de l’école interroge, au quotidien, la notion même d’illustration tant dans ses formes, anciennes ou contemporaines, que dans ses limites et ses possibles, de manière plastique autant que théorique, voire fantasmée.

En effet, l’illustration, bien qu’au centre de nombreux débats sociétaux et en tant que principal vecteur de l’image fixe du monde contemporain, reste particulièrement méconnue y compris souvent par ses propres praticiens. Peu étudiée, sa lecture n’est que rarement enseignée, ses formes variées demeurent vaguement identifiées, ses fonctions guère envisagées, son histoire ne fait pas Histoire. Malgré son omniprésence dans le monde d’aujourd’hui, l’illustration reste, en effet, un phénomène compliqué à embrasser, qui nécessite un travail d’analyse critique et de contextualisation peu voire jamais effectué à son échelle. Il est vrai que la variété insoupçonnable du livre à images, la diversité des combinaisons techniques ou conceptuelles qu’il propose, ouvrent autant de pistes qu’elles retranchent d’idées reçues. Les travaux menés par le laboratoire de recherche sur l’illustration de la Hear et confortés par les intervenants du colloque ont montré que le spectre historique de l’illustration va bien au-delà de la modernité et des catégories usuelles mais aussi qu’elle ne peut se penser entièrement dans les catégories usuellement employées pour juger des œuvres artistiques.

De ce fait, la première mission qui a été donnée à ce colloque et à la publication qui en est issue était de pointer ce qui apparaît pertinent comme angle d’approche dans la masse croissante d’informations et de productions illustrées. Parce que l’expression intellectuelle autour de l’illustration est hétéroclite, échappant souvent au domaine académique, scientifique ou pédagogique, il lui arrive de s’égarer bien loin de son sujet. C’est pourquoi nous avons souhaité ré-envisager les travaux dus parfois à des auteurs très prolifiques, mais trop partiaux, peu rigoureux ou franchement dépassés, afin de rétablir une historicité qui corresponde à la réalité contemporaine y compris dans son historicité. Il s’agissait de prendre en compte les diverses étapes de l’évolution de l’illustration, mais aussi les défis conceptuels auxquels elle a été confrontée depuis ses origines imprimées.

Car toute l’ambiguïté de cet art est d’être constitué d’une matière à la fois impure et polysémique, convoquant ce qui se lit et ce qui se voit de façon presque simultanée, ou tout du moins en écho. De fait, ce qu’ont montré les communications de ce colloque, c’est que s’imposent dans les approches possibles quelques précautions, car il n’y a pas de mémoire établie, pas de Lagarde et Michard, et moins encore de Code des usages de l’illustration, comme il en existe par ailleurs. Ainsi, la connaissance de cet endroit de l’art légèrement hors-champ, aussi vaste que méconnu, aussi goûteux que protéiforme, impose de construire des outils de réflexion nouveaux, de se « laver les yeux », comme disait Bonnard, afin de les ré-ouvrir sur l’une des branches les plus créatives de la contemporanéité. Mais cette absence de prescripteur centralisé d’une qualité plus ou moins indiscutable pour les profanes, comme peuvent l’être, dans d’autres domaines, le prix Marcel-Duchamp, le Goncourt ou la médaille d’or au Concours général agricole, catégorie saucisse fine, si elle est heureuse constitue aussi « le paradoxe de la saucisse » qui oblige le regardeur de l’illustration à réapprendre à goûter, hors tout dogmatisme visuel, selon des critères enfin renouvelés. Les diverses contributions à cet ouvrage participent toutes d’une telle ambition, éclairer un champ méconnu mais si riche de potentialités de la création artistique. Ainsi un second colloque intitulé La Séquence du regardeur a t-il eu lieu en mars 2013 dans la continuité de ces travaux fondateurs pour éclairer cette fois le rôle du spectateur dans l’appréhension des œuvres illustrées.

Extrait de l’introduction de l’ouvrage rédigée par Guillaume Dégé et Olivier Deloignon.

ACTES DU COLLOQUE DE TRAITS ET D’ESPRIT
ÉDITIONS DE LA HAUTE ÉCOLE DES ARTS DU RHIN
Ce volume réunit les contributions des différents intervenants, augmentées de textes évoquant les principaux enjeux considérés lors de ces journées, ainsi qu’une riche iconographie.

Pour se procurer l’ouvrage
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Haute école des arts du Rhin – 1, rue de l’Académie, 67082 Strasbourg Cedex
Contact : Mme Marion MONTERO
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Prix public : 23 €
Prix réduit (étudiants, libraires, personnels) : 12 €